Glucides : ce que votre corps réclame vraiment — et ce qui change la donne

Glucides : ce que réclame vraiment votre corps — et LA solution qui change la donne
Il y a une phrase que vous avez entendue des dizaines de fois, dans les magazines, chez le médecin, dans les guides alimentaires officiels : « Les glucides sont indispensables à votre cerveau. » On vous l’a répétée avec tant d’assurance que vous n’avez jamais pensé à la remettre en question. Et si c’était, précisément, la première erreur ?
Depuis quarante ans, la pyramide alimentaire place les féculents à la base de toute alimentation saine. Des céréales au petit-déjeuner, du pain à midi, des pâtes le soir. On a construit des générations entières sur ce dogme. Et pourtant, en parallèle, les maladies métaboliques explosent : obésité, diabète de type 2, fatigue chronique, brouillard mental. Quelque chose ne tient pas.
Prenons le temps de regarder la biochimie en face, calmement — et avec un peu de curiosité.
Le grand malentendu : « indispensable » ne veut pas dire « obligatoire dans l’assiette »
En nutrition, il existe des acides gras essentiels et des acides aminés essentiels. « Essentiel » signifie que le corps ne peut pas les fabriquer seul : vous devez les apporter par l’alimentation. Les glucides, eux, n’ont jamais reçu cette qualification. Chez l’être humain, tous les glucides nécessaires à l’organisme peuvent être synthétisés à partir de précurseurs non glucidiques. Il n’existe donc pas de glucides essentiels au sens strict du terme. Ce n’est pas une théorie alternative. C’est de la biochimie fondamentale, enseignée dans les facultés de médecine — mais rarement traduite pour le grand public.
Ce que cela signifie concrètement ? Que votre corps n’a pas besoin que vous mangiez des glucides pour en avoir. Il sait en fabriquer lui-même. Et il le fait très bien.
Le foie, votre usine à glucose personnel
Voici ce que peu de professionnels de santé expliquent clairement à leurs patients : les besoins en glucose de l’organisme sont couverts par l’alimentation, mais aussi par la glycogénolyse hépatique et par la néoglucogenèse — un processus qui se déroule à 90 % dans le foie et à 10 % dans le rein.
Traduction : quand vous ne mangez pas de glucides, votre foie prend le relais. Il fabrique du glucose à partir de graisses, de protéines et d’autres précurseurs. C’est un mécanisme parfaitement rodé, ancré dans notre physiologie depuis des centaines de millénaires. Nos ancêtres ne mangeaient pas de pain complet trois fois par jour — et leur cerveau fonctionnait très bien.
Mieux encore : en situation de faible apport glucidique, le cerveau peut tirer jusqu’à 70 % de son énergie des corps cétoniques — ces molécules produites par le foie à partir des graisses. Ce ne sont pas des molécules de secours, de dernière chance. Ce sont des carburants de premier choix, particulièrement stables, que certains neuroscientifiques qualifient de « super-carburant du cerveau ».
L’insuline : l’hormone qu’on a trop sollicitée
Le Dr Jason Fung, néphrologue canadien formé à l’université de Californie, a passé des années à soigner des patients obèses et diabétiques avec les traitements conventionnels. Il s’est heurté à un mur. En cherchant une explication logique, il est parvenu à une conclusion qui a bouleversé son approche : on prend du poids à cause des effets hormonaux de l’alimentation, et la principale hormone en cause est l’insuline. Des niveaux constamment élevés d’insuline provoquent une résistance à l’insuline, ce qui entraîne en retour des taux d’insuline plus élevés, conduisant à l’obésité. Un cercle vicieux. Et les glucides raffinés en sont le premier moteur.
La solution découle de ce constat : pour freiner l’obésité, c’est l’insuline qu’il faut réduire, et non les calories. Le régime cétogène et le jeûne intermittent peuvent y aider. Ce n’est pas une conviction de gourou du bien-être. C’est la conclusion d’un médecin dont les articles ont été publiés dans des revues comme Obesity Reviews et Diabetes, Obesity and Metabolism.
L’alimentation cétogène : ce que la science documente
Le principe est simple : en réduisant les glucides à moins de 20 à 50 grammes par jour, l’organisme bascule en état de cétose. Lorsque les réserves de glycogène diminuent, le foie commence à transformer les acides gras en corps cétoniques, qui deviennent une source d’énergie alternative au glucose. C’est le même phénomène que celui observé après deux à trois jours de jeûne.
Les études s’accumulent. De nombreuses recherches scientifiques ont mis en évidence les effets bénéfiques potentiels du régime cétogène sur la perte de poids, suggérant qu’il pourrait être plus efficace que les régimes traditionnels pauvres en graisses. En réduisant drastiquement les apports en glucides, ce régime diminue les pics d’insuline et favorise l’oxydation des graisses stockées.
Sur le plan clinique, les résultats sont frappants : une étude publiée dans Diabetes Therapy (Hallberg et al., 2018) a montré une réduction de 55 % des besoins en insuline chez des patients diabétiques de type 2 suivant un protocole cétogène. Dans un suivi à deux ans, on a observé une résolution du diabète avec inversion dans 53,5 % des cas et rémission dans 17,6 % des cas, avec une utilisation moindre des médicaments. Ces chiffres, pour quiconque a côtoyé le système médical classique, sont proprement renversants.
Une revue de la littérature publiée dans la revue Nutrients (Venturini et al., 2024) a conclu que le régime cétogène pouvait avoir des effets bénéfiques sur le profil lipidique sanguin, la pression artérielle et d’autres facteurs de risque cardiovasculaire.
Quand la médecine intégrative prend le relais — l’exemple québécois
Au Québec, ce changement de paradigme ne reste pas théorique. La Dre Èvelyne Bourdua-Roy, médecin de famille, a fondé la Clinique Reversa, une clinique à but non lucratif qui accompagnait les patients dans le renversement des maladies chroniques liées au mode de vie, notamment le diabète de type 2, grâce à la restriction thérapeutique des glucides et au jeûne.
Formée directement auprès du Dr Jason Fung à Toronto, elle a été témoin, lors de son stage, de patients diabétiques de type 2 qui allaient mieux, perdaient du poids et se sevraient de leur insuline et de leurs autres médicaments — des résultats qu’elle n’aurait pas crus possibles quelques mois plus tôt. Dans sa clinique, plus de 2 000 patients ont retrouvé des bilans sanguins normalisés, avec des pertes de poids atteignant parfois 45 kg.
Pratiquement tous les patients traités ont connu des améliorations, que ce soit une meilleure énergie, moins de douleur, un meilleur sommeil, moins d’anxiété, une baisse de la tension artérielle, une amélioration ou normalisation des glycémies, une disparition des crises de goutte, ou une perte de poids. Des résultats qui font réfléchir — et qui interrogent profondément ce qu’on appelle « alimentation équilibrée ».
Jeûne intermittent + cétogène : la synergie qui change tout
Le Dr Jason Fung conseille de suivre un régime cétogène de pair avec un jeûne intermittent pour maximiser la baisse de l’insuline et accélérer l’entrée en cétose. Les deux approches se renforcent mutuellement : le jeûne vide les réserves de glycogène, la diète cétogène maintient l’organisme en mode « brûle-graisse » entre les fenêtres alimentaires. Les corps cétoniques produits par le foie agissent sur le cerveau comme un coupe-faim physiologique naturel, avec un effet stimulant et anti-fatigue.
Concrètement, cela ressemble à : un dîner à 19h, un premier repas le lendemain à 12h ou 13h, deux repas riches en bons gras, protéines de qualité et légumes peu glucidiques. Ni souffrance, ni obsession calorique.
Ce que cela change pour vous
Rien de tout cela ne signifie que vous devez abandonner les légumes racines, les légumineuses ou les fruits du jour au lendemain. Mais cela mérite de poser quelques questions honnêtes : votre fatigue chronique après les repas, vos fringales à 16h, votre difficulté à maintenir un poids stable malgré tous vos efforts — et si tout cela avait une explication métabolique, et non un problème de volonté ?
Le corps humain est profondément intelligent. Il a survécu à des millénaires sans pain de mie ni céréales enrichies du matin. Lui redonner les conditions dans lesquelles il excelle — peu de glucides, de bons gras, des fenêtres de jeûne — c’est peut-être simplement lui rendre ce qu’on lui a pris depuis quarante ans.
Sources : Cairn.info – Biochimie structurale et métabolique (La néoglucogenèse) ; Dr Jason Fung, Code obésité (Thierry Souccar Éditions) & Guide complet du jeûne ; Dre Èvelyne Bourdua-Roy, Inverser le surpoids et le diabète avec le protocole cétogène Reversa (Thierry Souccar Éditions, 2020) ; Hallberg S.J. et al., Diabetes Therapy (2018) ; Venturini et al., Nutrients (2024) ; Westman E.C. et al., Nutrition & Metabolism (2015).
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